Historique
La capoeira est un art martial qui puise ses racines dans les méthodes de combat et danses des peuples africains du temps de l'esclavage.
Illustration
Photo : Historique
On situe l'origine de ces techniques en angola, et/ou mozambique.
En fait la capoeira primitive tire probablement son origine du N'golo, aussi appelée « danse du Zèbre ». Elle est issue de la culture bantoue (peuples d'afrique équatorial) en mucope du sud, en angola. C'était en réalité un rituel d'initiation d'adolescents pratiqué sous forme de défis. C'est la nécessité de se défendre et de résister au pouvoir esclavagiste qui a fait naître la capoeira sous sa forme contemporaine. Le but de cette danse étant de pouvoir s'entraîner librement sans craindre l'intervention du maître. On peut trouver des formes analogues dans les rythmes et les gestes pratiqués dans l'océan indien (le moringue) et dans les caraïbes (le damnyè, le ladja, le pagiembel ou le mani par exemple).
La capoeira apparaît entre le 15ème et le 16ème siècle. Elle était pratiquée exclusivement par les esclaves, mais à l'époque, elle était prohibée (il était interdit d'apprendre à se battre) et ses pratiquants entravés, mutilés ou tués. L'enseignement du combat se fit donc caché sous forme de danse primitive. Elle se distingue des autres arts martiaux par son côté ludique et acrobatique dans lesquels les pieds sont très largement mis à contribution durant le combat que l'on appelle « jogo », littéralement : les jeux. Ces techniques trouvent leur source dans les combats entre esclaves (escravos). Les chevilles étant souvent entravées par des chaînes pour prévenir leur fuite des plantations; il leur était impossible d'effectuer des coups d'une jambe en gardant l'autre au sol; ils ont privilégié les mouvements où les deux jambes sont proches.
Quelques dates importantes :
1441: 1er capture d'une dixène indigènes près du cap bojodor par antam gonçalves, navigateur portugais. Date considérée comme marquant le début de la traite des esclaves.
1500: "decouverte" du brésil par pedro alvares cabral; le 22 avril, il touche terre dans un petit port naturel, qu'il baptisa porto seguro (actuel santa cruz, état de bahia).
1520: la traite des esclaves devient beaucoup plus importante que les autres activités marchandes.
1525: conférence de badajoz, le portugal obtient le brésil.
1531-1533: début réel de la colonisation et de la culture de la canne a sucre a são vicente.
1549: fondation de são salvador (salvador da bahia) le 1er novembre, c'est pourquoi la baie qui la borde porte le nom de bahia de todos os santos (la baie de tous les saints). La ville devient capitale coloniale du bresil jusqu'en 1763. Les esclaves proviennent principalement de guinée (ethnie des yoruba), d'angola et du mozanbique (ethnie bantoue). Ils sont envoyés dans les champs de canne a sucre nordeste dans un premier temps, puis, par la suite, dans les mines du minas gerais et les plantations de café du sud du pays. Les esclaves sont logés dans des senzalas (baraquements) localisés près des champs ou des mines. La capoeira se serais développé au alentour des sensalas, dans la brousse justement appelée capoeira, là ou l'herbe était assez courte pour permettre le jeu, la lute.
1588 : le rio pongo (GUINE) est, jusqu'un 1880, le centre le plus actif d'un trafic portant sur l'or, le miel, les peaux et surtout les esclaves.
Début du XVI éme siècle : fondation présume des premiers quilombos (communautés d'esclaves en fuite et de marginaux refusant de se soumettre a l'autorité de la couronne portugaise) une théorie, plausible, prétend que le capoeira fut développée comme une forme d'autodéfense dans le but de protéger les quilombos.
1695 : (20 novembre) mort du roi de zumbi (clef du quilombo de palmares et guerrier redoutable) aux environs de recife. Démembrement rapide de la république de palmares.
1763 : rio de janeiro devient la capitale du pays à la place de salvador de bahia.
1850 : suppression de la traite des noirs.
1856 : premiers affranchissements d'esclaves.
1864-1870 : longue guerre du paragugay dans laquelle de nombreux capoeiristas seront enrolés de force comme soldats.
1888 : abolition officielle de l'esclavage.
1932 : manoel dos reis machado (mestre bimba) ouvre la premier académie de capoeira a salvador da bahia ; la capoeira régional devient un art martial codifié et le premier sport authentiquement brésilien selon l'expression du président Vargas, convaincu du bien fondée de la méthode. Celle-ci intègre des techniques et des mouvements similaires a ceux provenant d'arts martiaux étrangers, et présente de nombreuse différence par rapport a la tradition héritée des esclaves.
1941 : vicente ferreira pastinha (mestre pastinha) ouvre a son tour une académie, en continuité avec la tradition. Renaissance de la capoeira angola moderne. Mestre pastinha sera exproprié en 1973, lors de la restauration du largo do pelourinho, et mourra indigent en 1981.
A partir de 1967 : debut du mouvement culturel tropicaliste. La capoeira suit le mouvement et s'enseigne désormais dans tout le pays.
Depuis 1990 : la capoeira devient une discipline véritablement mondiale, présente de façon durable dans tous les continents. De nombreux maîtres ont désormais la possibilité de voyager voire et s'installer, dans le monde entier pour enseigner leur art. Toutefois, à la source même de la capoeira, à salvador da bahia, les conditions de vie misérables qui l'ont vue naître perdurent.
Rédigé par Association Belo Horizonte Capoeira Gerais le 22 juillet 2008
